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L’église de Bissey-sous-Cruchaud n’a rien qui attire l’œil. C’est une église qui a souffert : ses murs en portent la trace, des textes en témoignent. Mais c’est une église qui contient des richesses étonnantes. On ne sort pas neutre de sa visite.
Architecture Une première salle – la “nef”, de la fin du XVIII° siècle – est au dire d’un commentateur, “tout à fait vulgaire”. Ne vous découragez pas : la base du clocher et son entourage sont d’époque romane. Et au-delà – mal raccordé à ce qui précède – se trouve un chœur gothique (hélas privé de ses ouvertures anciennes) qui va vous retenir. Allez-y directement, et prenez le temps de vous arrêter à l’entrée. |
Les retombées de voûte
Dans la première travée du chœur, aux retombées de voûtes, quatre musiciens vous invitent à la fête : joueurs de viole, de flûte, de percussion, d’une sorte de cornemuse (aux spécialistes de nous dire le nom précis de ces instruments), bien qu’abîmés, ils restent savoureux. Dans la seconde travée, vous trouvez les quatre “vivants” ; avec un peu de bienveillance, vous reconnaîtrez : l’ange, le lion, le bœuf, l’aigle (inspirés d’Ezéchiel et de l’Apocalypse) : chacun est relié symboliquement aujourd’hui à l’un des quatre évangélistes : Matthieu, Marc, Luc et Jean. Et à la clef de voûte, Celui que les évangélistes annoncent : le Dieu Père, Fils et Esprit (le Père tient la croix où meurt Jésus, son fils, et la colombe de l’Esprit les relie ; la sculpture est mutilée : vous pourrez voir à Buxy ou Moroges le motif intact)
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Le fond du chœur
Venant d’on ne sait où – sans doute après la Révolution – y a été installé, sur fond de boiseries gris et or, tout un ensemble d’œuvres des XVII° et XVIII° siècles. L’autel en faux marbre est surmonté d’un retable orné de rinceaux, comportant un double tabernacle (celui du bas renfermait sans doute les vases sacrés quand il n’y avait pas de sacristie), et quatre niches où sont placés, quand la sécurité est assurée, les quatre évangélistes, chacun accompagné de son symbole. Au-dessus, d’époque plus tardive, une “Gloire” destinée à célébrer la présence réelle du Christ dans l’hostie consacrée : quand on place l’ostensoir sur la petite plate-forme (cela se pratique encore), anges et angelots adorateurs prennent tout leur sens. Le tableau représentant Marie montant au ciel parmi les anges, qui domine l’autel, est du XIX° siècle : peut-être vient-il de Rougeon, dont la chapelle était consacrée à l’Assomption ?
Les deux grandes statues en bois doré encadrant le panneau représentent : A droite “le Christ pèlerin” – une appellation qui en vaut une autre en l’absence de détail permettant une meilleure interprétation. A gauche, “sainte Anne éduquant Marie” – un thème sans fondement scripturaire, mais que l’on retrouve très fréquemment dans nos églises : il est touchant d’imaginer la Vierge Marie enfant formée par l’influence de sa mère. Reliquaires
* A droite et à gauche de l’autel, deux reliquaires baroques que leur restauration met bien en valeur. * Et sur les murs latéraux, quatre “bustes-reliquaires” représentant trois femmes et un homme, contenant des reliques identifiées à l’intérieur comme étant celles des saints Valentin, Colombe, Fauste, Clémence, des noms d’anciens martyrs romains qui nous rattachent à la foi des premiers chrétiens.
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Autres statues
* Sur la gauche du chœur est présenté saint Jean-Baptiste, le patron de la paroisse (l’agneau que son geste désignait a malheureusement disparu) : sa place serait normalement au-dessus de l’autel de gauche, au niveau du clocher. * Dominant le petit autel de droite, une vierge à l’enfant due à la piété de la famille qui habitait en face de l’église.
Et dans la nef * Une sainte Philomène (sainte très vénérée au XIX° siècle) ; la statue a été offerte par les jeunes filles de la paroisse. * En face, un saint Benoît, qui est sans doute celui qui se trouvait à l’ermitage de la Chapelle, qui a été emmené en 1793 par un anticlérical notoire pour être brûlé, mais qui est subitement devenu si lourd que l’entreprise a tourné court. C’est le curé de la paroisse qui l’a ramené ici.
Tableau de saint François
A l’entrée de la nef, un grand tableau représente saint François d’Assise recevant les stigmates ; ceux-ci manifestent la dévotion que François avait envers la Passion de Jésus. La réalisation du tableau au XIX° siècle, et sa remise en valeur il y a quelques années, sont le fruit de l’attachement à saint François de deux paroissiens de Bissey. Orfèvrerie
Bissey possède encore deux autres trésors : * un ciboire attribué à l’orfèvre chalonnais François Depize (vers 1660-1670). Par sécurité, il est déposé au musée Denon de Chalon. * une croix processionnelle du XVII° siècle présentant le Christ sur une face et la Vierge sur l’autre.
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Observez… * Le mode de fermeture, traditionnel et efficace, de la porte principale, par un épar (une poutre qui rentre dans le mur) * La plaque commémorative des morts de la Grande Guerre, dont l’installation a laissé mauvais souvenir au dernier curé, frustré dans son rêve d’union sacrée entre les habitants. * Le “regard” qui donnait sur l’autel (côté droit), malheureusement obturé depuis l’érection de l’autel de la Sainte Vierge. * La poulie suspendue à l’arc devant l’autel de la Vierge : elle permettait jadis de suspendre et d’allumer une lampe à huile. * Tout à côté, les graffitii dus, sans doute, à des élèves du catéchisme peu attentifs… * A l’extérieur, du côté nord, sur un contrefort est un animal difficilement identifiable…
Bibliographie
André Bailly : Bissey-sous-Cruchaud, notice historique Jean Aubelle : Lazare Pillot, ermite de saint Benoît à Bissey-sous-Cruchaud
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A proximité
* Au nord de la commune se trouvait jadis un ermitage, dont la chapelle était jadis le lieu d’un pèlerinage : les deux derniers ermites s’appelaient Lazare Pillot et Benoît Fournier. Mais si vous empruntez aujourd’hui le chemin de “la chapelle saint Benoît”, vous ne verrez plus rien. La chapelle est démolie depuis plus de cent ans.
* Dans la commune, vous pourrez voir sept grandes croix sur le domaine public. Certaines portent des inscriptions. (Elles se trouvent :; Vers le monument aux morts, face à la sacristie, place de la Roche, dans le cimetière, face au chemin de Rougeon, en bordure de Cruchaud, et au lieu-dit “la Couperie”
* Sur la face arrière du bâtiment actuel de la Mairie, en hauteur, on aperçoit un crucifix : le bâtiment ne pouvait-il être à l’origine l’école privée de Bissey ?
* A Cruchaud se trouve (domaine privé) une ancienne chapelle du XVIII° siècle dédiée à Sainte Marguerite, fondée en 1749 par Marguerite Mautrey, veuve Dalerey.
La municipalité de Bissey a le souci du patrimoine (en partie classé) de la commune. Année après année, les œuvres sont restaurées. Vous avez pu le constater. Et vous serez compréhensifs si, au moment de votre visite, certains éléments sont absents : c’est pour un mieux ultérieur !
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«L’ami de l’époux l’écoute, et la voix de l’époux le comble de joie. Telle est ma joie, elle est parfaite. Il faut qu’il grandisse et que je diminue » Jean-Baptiste (Jn 3/29-30) |
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Eglise Saint Jean Baptiste de
Bissey-sous-Cruchaud

Bissey-sous-Cruchaud qui était auparavant rattaché à Moroges, ainsi que Villeneuve-en-Montagne et Sainte-Hélène, fait aujourd’hui partie de la paroisse Saint-Vincent des Buis, qui comprend dix-sept villages, et dont le centre est Buxy
Paroisse Saint-Vincent des Buis
Rue Haute de la gare
71390 Buxy
03 85 92 10 16
Bissey-sous-Cruchaud – Buxy – Cersot – Granges –Jambles – Jully-les-Buxy – Marcilly-les-Buxy – Messey-sur-Grosne – Montagny-les-Buxy – Moroges – Rosey – Saint-Desert – Saint-Germain-les-Buxy –Saint-Vallerin – Sainte-Hélène – Sassangy – Villeneuve-en-Montagne -