|
L'église de Change Hameau de Nolay, Change fut érigée en paroisse en 1730 avec l'assentiment de Louis Henri de Bourbon, prince de Condé et gouverneur de Bourgogne. La chapelle existante, déjà dédiée à saint Roch, fut agrandie et transformée en église. D'autres modifications intervinrent par la suite. L'église actuelle fut consacrée le 1er janvier 1871 (voir la plaque sur le transept sud). En forme de croix latine orientée vers l'est, elle est érigée à flanc de coteau, le chœur est en partie enterré tandis que l'entrée ouest est accessible par plusieurs marches. Le style est néo-roman. La façade ouest dominée par un élégant clocher est ornée d'une arcade triple, l'arc central étant percé d'une fenêtre. Le portail encadré de colonnes dégagées avec des chapiteaux martelés, est surmonté d'un tympan vide de toute sculpture.
|
Vitraux Le vitrail central du chœur représente saint Roch avec son chien qui lui sauva la vie en lui apportant un pain chaque jour pendant qu'il soignait sa maladie (la peste) dans la solitude de la forêt. Faut-il attribuer l'origine de la dédicace à saint Roch, invoqué contre les maladies épidémiques, à la présence d'un hôpital réalisé au temps des Croisades par les Chevaliers de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem à Paris-l'Hôpital situé à 2 km? Ce vitrail est encadré de deux autres, l'un dédié à saint Pierre, reconnaissable à la clé qu'il tient à la main, l'autre dédié à saint Jean reconnaissable au calice qu'il tient, d'où sort un serpent évoquant le poison qu'il fut condamné à boire mais auquel il survécut. Deux rosaces éclairent le transept. Le vitrail de façade dominant la tribune représente les armes vaticanes, il est daté 1870, année du concile Vatican I qui a entériné la notion d'infaillibilité pontificale.
Boiseries, Peintures et Sculptures Le chœur est habillé de boiseries sobres en chêne avec des stalles pour officiant et enfants de chœur. Les piliers de la nef et du chœur sont surmontés de chapiteaux néo-romans avec des décors végétaux variés. Des traces de peinture au dessus du premier pilier à gauche du chœur montrent les instruments de la flagellation du Christ et les têtes des 3 clous de la crucifixion. |
|
Statues Dans le chœur, à gauche, une statue de saint Roch, en bois, récente, offerte par un paroissien, à droite une statue dorée de saint Vincent portant une grappe de raisin, rappelle que nous sommes en Bourgogne. Dans le transept nord la statue de saint Joseph, avec le lys, symbole de pureté. Elle dominait un autel qui lui était dédié. Une statue de Notre Dame de Lourdes (18 apparitions en 1858). Dans la nef aux statues de sainte Thérèse de Lisieux, sainte Jeanne d'Arc avec son étendard fleurdelisé, saint Antoine de Padoue invoqué pour retrouver les objets perdus, s'ajoute la statue de saint Gérard. Dans le transept sud une statue de la Vierge à l'Enfant dominait un autel qui lui était dédié. Sur la tribune surplombant la nef, près de la rampe deux statues polychromes: à gauche une sainte religieuse tenant un lys et une croix (sainte Catherine de Sienne ?), à droite avec ses longs cheveux, sainte Marie-Madeleine avec à ses pieds le flacon de parfum qu'elle portait pour aller embaumer le corps du Christ qu'elle découvre ressuscité le matin de Pâques. En retrait, on trouve quelques statues dont celle, malheureusement mutilée, de sainte Barbe, martyre, identifiée grâce à la tour dans laquelle elle fut incarcérée. Elle est la patronne des mineurs et rappelle qu'il existait des mines (de fer) dans le hameau voisin de Marcheseuil.
|
|
|
Mobilier Dans le transept nord, sous la statue de saint Joseph, une cuve baptismale, provenant peut-être de l'ancienne église. A côté, l'ancienne chaire déposée, sur laquelle on identifie deux évangélistes: saint Marc avec le lion et saint Jean avec l'aigle. Au fond de la nef un important confessionnal. Sur le mur sud une applique de mission datée 1945 a la forme d'une icône à la Vierge et une plaque dédiée à l'abbé Gaspard Taupenot, curé du village, guillotiné à Dijon le 15 mars 1794 (25 ventose an II), comme prêtre réfractaire. L'autel actuel réalisé en marbre de la région. Dans le transept sud un lutrin fixé sur une colonne octogonale dont la base datée 1744 est ornée de visages sculptés. La bannière de la paroisse dédiée à la Vierge Marie, en soie finement peinte, n'est pas exposée de manière permanente.
Extérieur Autrefois le cimetière entourait l'église, seules quelques pierres tombales adossées aux murs extérieurs, dont une de chaque côté du portail d'entrée, en témoignent.
|
A proximité La création des départements (votée par l'Assemblée Nationale le 15 janvier 1790) a séparé Nolay, chef lieu de canton de la Côte d'Or (diocèse de Dijon) de Change en Saône et Loire (diocèse d'Autun). A Nolay visiter les halles du 16ème siècle, classées Monument Historique, l'église Saint Martin dont le clocher reconstruit au 18ème siècle, rappelle ceux de la cathédrale Saint Lazare à Autun ou de Saint Nicolas à Meursault plus anciens. Le portail est surmonté d'un jacquemart. De belles maisons médiévales l'entourent. C'est la ville natale de Lazare Carnot « l'Organisateur de la victoire » (1753-1823). Utilisant l'ancienne ligne de chemin de fer de Chagny à Autun, la Voie Verte passe à quelques centaines de mètres de l'église de Change et relie Santenay à Nolay pour les promeneurs et cyclistes. La Cozanne coule au centre du village où elle a desservi un lavoir avant de traverser, après ses gorges, les villages viticoles de Sampigny-les- Maranges et Cheilly-les-Maranges et de rejoindre la Dheune, affluent de la Saône qui passe à Chagny.
|
|
Gaspard Taupenot né le 4 septembre 1758 à Meursault est ordonné prêtre à Autun le 21 décembre 1782. Il devient aussitôt vicaire à Change dont il est curé le 5 janvier 1785. A la Révolution il refuse de prêter les serments qu'on exige des prêtres et se voit retirer sa charge. Il est remplacé par un prêtre « jureur ». Il se cache dans la région et continue de répondre aux demandes des fidèles. Il est dénoncé à Nolay, condamné à Dijon le 15 mars 1794 et guillotiné l'après-midi même. (Cf. livre d'Eugène Meunier, curé de Change, 1914) |
|
|
« Ce soir je serai en Paradis, je ne vous oublierai pas. » (Dernière paroles connues du Père Gaspard Taupenot.) |
|

Eglise Saint Roch de Change

Paroisse Saint Martin des Trois Croix
12 rue des Halles
71150 CHAGNY
Tél. 03 85 87 15 75
Fax. 03 85 91 26 69

Change
fait partie de la Paroisse Saint Martin des Trois Croix qui compte 18
clochers (Aluze
– Bouzeron – Chagny – Chamilly –
Change – Chaudenay – Chassey-le-Camp –
Cheilly-les-Maranges – Corpeau – Demigny – Dezize-les-Maranges – Ebaty
– Farges – Fontaines – Paris-l'Hôpital – Remigny –
Rully – Sampigny-les-Maranges),
soit environ 16000 habitants.